Quelques chiffres. 2/2. 52/52. +25. Une course d’avance en deux courses courues. Voilà pour le bilan comptable de Lemst (Mercedes). Oui, cela peut paraître terrifiant. Mais derrière le reflet des chiffres, se cache une réalité un peu plus nuancée…

Le malheur des uns…

La première question, c’est pourquoi ? Pourquoi après deux courses seulement, une baston à quatre se résume à un cavalier seul ? Car ils étaient bien quatre à pouvoir sur le papier se battre pour le titre. Les deux doubles-Champions d’abord : un DromEd (Ferrari) Champion en titre en pleine confiance, et Lemst (Mercedes), frais après une année off, mais potentiellement sur la retenue pour son retour. Jérôme Salles (McLaren), bien sûr, Vice-Champion et vainqueur des trois dernières courses en date. P1CE-Rafa (Red Bull) enfin, bien mieux armé que la saison dernière où débutant, il avait tout à apprendre. Seulement voilà : DromEd et Rafa ne sont pas parvenus à mettre la nouvelle machine à leur main, alors que dans le même temps, Jérôme concédait une absence prévue à Spa, avant d’être victime d’un bug invraisemblable à Monza. Des circonstances bien particulières, donc, mais qui produisent pourtant des effets bien réels.

Des circonstances bien particulières, donc, mais qui produisent pourtant des effets bien réels. Nous avons d’un côté des pilotes qui ne sont pas parvenus à s’exprimer, et de l’autre, un prétendant qui déroule sa partition, avec une sacrée maestria il est vrai.

Nous avons d’un côté des pilotes qui ne sont pas parvenus à s’exprimer, et de l’autre, un prétendant qui déroule sa partition, avec une sacrée maestria il est vrai. Est-ce que Lemst aurait pu gagner à Spa puis Monza avec tous ses adversaires en ordre de bataille ? Probablement, lui comme chacun des trois autres d’ailleurs. Mais la conséquence directe de la dispersion des prétendants, ce n’est pas tant ces deux victoires. C’est d’abord l’explosion des écarts. DromEd est à 29 pts, Rafa à 44, et Jérôme… à 52. Pour les uns comme pour les autres, il n’y a plus le temps. C’est tout simplement la pression qui a changé de camp. Là où Lemst peut temporiser, observer, jauger, les autres doivent attaquer et faire la différence pour revenir dans la course. Ce qui peut tout à fait générer un cercle vicieux et d’autres erreurs en course… La nature n’aimant pas le vide, l’espace laissé libre par ces contretemps a été comblé, et plutôt bien. De nouvelles têtes émergent, et c’est tant mieux.

Risques et perspectives

NicoAlonso (Alfa Romeo) a débuté fort, et les Renault de J06n et surtout Dams sont plus proches que jamais de la tête. L1onel confirme lui aussi sa progression sur la première Ferrari. Mk (Mercedes) est là également, mais il semble plus logique de le considérer comme un allié que comme un danger pour le leader du championnat. Tout pesé, il y a là un premier effet pervers : aucun de ces garçons n’a été en mesure de signer deux podiums. Dams et Nico en étaient les plus proches, mais des fautes directes les en ont éloignés. On peut en anticiper un deuxième : ces garçons là ne risquent-ils pas de courir les uns contre les autres pour s’extirper du paquet ? Ne risquent-ils pas, dopés d’une nouvelle dose de confiance, de s’intercaler et prendre des points aux prétendants initiaux qui ont besoin de remonter ? Le risque est bien réel, et la partition compliquée.

Ces garçons là ne risquent-ils pas de courir les uns contre les autres pour s’extirper du paquet ? Ne risquent-ils pas, dopés d’une nouvelle dose de confiance, de s’intercaler et prendre des points aux prétendants initiaux qui ont besoin de remonter ?

Du côté des équipes, la défaillance des gros salaires fait bien sûr les affaires de l’équipe qui n’en a pas, à savoir Renault, solide leader (71). Plus que Haas (59) et Toro Rosso (54) qui survivent en tête grâce à leur bonus malgré leurs difficultés à marquer (courage à eux!), c’est Mercedes qu’il faut surveiller derrière : l’équipe allemande a besoin de reprendre 7 pts/course pour revenir sur le leader. Avec 12 pts repris sur les deux premières courses, les temps de passage ne sont pas si mauvais. 12 pts, c’est pile ce dont aura besoin Ferrari pour revenir sur Renault, mais par course, sachant que Mercedes dispose d’un coussin de 37 pts d’avance sur les Italiens. Le ciel s’est couvert en ce début de saison du côté de Maranello… La situation d’Alfa est particulière : l’équipe devrait souffrir quelques temps en l’absence prévue de son leader NicoAlonso. Un duel McLaren/Red Bull devrait donc s’engager bientôt, avec des arguments différents pour chacun des deux duettistes : un line-up plus solide côté McLaren, des points d’avance et la volonté de résister côté Red Bull. Le vainqueur devrait se replacer dans la bataille pour décrocher un trophée en fin de saison. De quel métal ? Aucune idée !

C’est déjà fini ! Rendez-vous à Singapour !